Photo ci-dessus: 1966, les débuts du festival. Réunion de la Filmgilde au restaurant «Chutz» à Soleure.
Adieu à Paul Schmid – le secrétaire de la Filmgilde se souvient
Soleure au début des années 60: période de prospérité, atmosphère d’optimisme. Le théâtre municipal, en tant que deuxième scène, met en scène les œuvres de Friedrich Dürrenmatt; «Les Rhinocéros» d’Ionesco et «Andorra» de Max Frisch remportent un vif succès auprès du public. Les cinémas projettent des productions européennes et américaines, mais les films scandinaves, est-allemands ou tchécoslovaques n’arrivent pas jusqu’à Soleure. Il était donc temps de fonder une association cinématographique, qui compta bientôt 1 000 membres. Le comité organisait de temps à autre des événements spéciaux. C’est alors que la question se posa: y a-t-il encore des films en Suisse? Le comité a décidé de se renseigner et de consacrer un week-end au film suisse (c'est ainsi qu'on l'appelait à l'époque). C'est dans le bureau du président, Paul Schmid, que tout s'est organisé. Stephan Portmann, grâce à ses études en médias, disposait d'un réseau de contacts dans toute la Suisse, qu'il fallait contacter par courrier. Urs Reinhart s'occupait des relations avec les autorités et les bailleurs de fonds. Il s'agissait de dresser un état des lieux, de présenter une rétrospective de la création cinématographique indépendante. Les films de commande n’étaient pas admis. Grâce à diverses manifestations parallèles (discussions, conférences), le week-end au «Scala» a pu être bien rempli. Bien entendu, tous les membres du comité se sont investis. Mais les trois personnalités mentionnées constituaient le noyau dur et ont su, un peu plus d’un an plus tard, faire évoluer les Journées du film vers la Société suisse des Journées du film de Soleure.
Des moments inoubliables
Stephan Portmann animait les discussions en deux langues, car il tenait à ce que le public puisse échanger avec les cinéastes. C'est avec ces discussions au «Chutz» qu'a débuté l'actuel système de soutien au cinéma mis en place par la Confédération et les cantons. Urs Reinhart était omniprésent et veillait à ce que le programme prévu soit respecté. Paul Schmid s'occupait de l'infrastructure et du recrutement des bénévoles nécessaires. Il y a certes eu quelques incidents, mais le public ne les a pas remarqués ou les a gentiment ignorés. Au «Chutz», on a demandé à Peter Bichsel, alors encore largement inconnu, de faire une présentation. Celle-ci devait être enregistrée. Paul Schmid s’est chargé de tenir le pied du micro. Au bout d’un moment, son bras s’est presque engourdi. Puis il s’est avéré que le micro n’était pas allumé.
En 1987, Stefan Portmann (1933-2003) a cédé la direction des Journées de Soleure. Après le décès d’Urs Reinhart en 2024, Paul Schmid, le dernier membre de ce trio, nous a quittés en mai 2026. Mais ces trois personnalités resteront à jamais dans les mémoires comme (co)fondateurs des Journées de Soleure.
– Helmuth Zipperlen, alors secrétaire de la Filmgilde