22.1. –– 29.1.2020
Solothurner Filmtage
Rencontre

Toutes les années, «Rencontre» rend hommage à une personnalité du cinéma suisse et présente au public quelques-unes de ses œuvres ou réalisations. Cette section parallèle donne un aperçu du travail de la personne ainsi honorée et permet au public de la rencontrer. 

Bruno Todeschini
© Charlotte Krieger
© Charlotte Krieger

L’édition 2019 des Journées de Soleure consacrera son programme spécial «Rencontre» à l’acteur Bruno Todeschini. Depuis trente ans, ce Suisse dont la famille a des origines italiennes fait partie des figures marquantes du cinéma d’auteur européen. Acteur fétiche de Patrice Chéreau, il a aussi joué dans les films d’Arnaud Desplechin, Jacques Rivette, Angela Schanelec et Jessica Hausner.

Bruno Todeschini a vu le jour en 1962 à Couvet (NE). Après une formation à l’École supérieure d’art dramatique de Genève, il rejoint le Groupe des Amandiers à Nanterre, un collectif de comédiens réunis autour de Patrice Chéreau et Pierre Romans. Ses premiers rôles au cinéma, il les doit à des œuvres comme «Hôtel de France» (1987) de Patrice Chéreau, «L’amoureuse» (1992) de Jacques Doillon et «La sentinelle» (1992), les débuts derrière la caméra d’Arnaud Desplechin. Suivront des engagements plus ou moins importants, en particulier dans des films d’André Téchiné et Jacques Rivette.

Il fait la démonstration de son talent de comédien dans des films comme «Le libertin» (2000) avec Vincent Perez et Fanny Ardant, «Gentille» (2005) aux côtés d’Emmanuelle Devos et dans «La délicatesse» (2011) avec Audrey Tautou, un grand succès commercial. Sa longue collaboration avec Patrice Chéreau atteint son point culminant en 2002 dans le drame «Son frère». Le rôle de Thomas, atteint d’une maladie incurable, vaut à Bruno Todeschini d’être nommé pour le César du meilleur acteur.

En 2005, il interprète le rôle principal dans «Un couple parfait» aux côtés de Valeria Bruni-Tedeschi. Le film remporte le Prix spécial du jury au Locarno Festival. Les années qui suivent, on le retrouve dans «1 journée» (2007) de Jacob Berger et dans «Orly» (2010) d’Angela Schanelec. Bruno Todeschini travaillera aussi avec la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner pour le film «Lourdes» (2009), où il a pour partenaires Sylvie Testud et Léa Seydoux. Dans «Sette giorni» (2016) de Rolando Colla, il tient le rôle principal aux côtés d’ Alessia Barela. Plus récemment, Bruno Todeschini est apparu aussi dans la série «Double vie» (2018) de Bruno Deville.

Bruno Todeschini travaille dans toute l’Europe mais reste attaché au cinéma suisse. Sa filmographie comprend des rôles principaux ou secondaires dans les œuvres de Paule Muret, Markus Imhoof, Alain Tanner, Frédéric Mermoud, Elena Hazanov, Jacob Berger, Thomas Imbach, Rolando Colla ou encore Nicola Bellucci.

Aux 54es Journées de Soleure, l’acteur présentera un large choix de ses films et participera à des tables rondes consacrées à son travail.

«Rencontre» est un programme qui bénéficie du soutien de la Fondation culturelle pour l’audiovisuel en Suisse.

Programme des films
1 journée

Jacob Berger | CH/FR 2007 | fic 95'
Lu 28.1. 17h30 Cinéma Palace

Serge pense avoir commis un crime; Pietra découvre qu’elle a été trompée; Vlad a son premier chagrin d’amour: une journée dans une banlieue de Genève.

7 ans

Jean-Pascal Hattu | FR 2006 | fic 86'
Ve 25.1. 20h30 Cinéma Palace

Vincent est en prison. Sa femme Maïté lui rend visite toutes les semaines. Un beau jour, elle se fait aborder par Jean. Il est l’un des gardiens de la prison, et il a un œil sur elle.

À cran

Solange Martin | FR 1995 | fic 79'
Ve 25.1. 23h30 Cinéma Palace

Clara apprend que son mari la trompe. Bouleversée, elle aborde le premier venu et passe une nuit magique avec cet inconnu.

Ceux qui m'aiment prendront le train

Patrice Chéreau | FR 1998 | fic 122'
Me 30.1. 20h30 Cinéma Palace

Jean-Baptiste Emmerich, artiste peintre, vient de décéder. Ses vrais et ses faux amis s’affrontent dans le train qui les conduit à l’enterrement.

Gentille

Sophie Fillières | FR 2005 | fic 102'
Sa 26.1. 18h30 Cinéma Palace

La doctoresse Fontaine est heureuse avec Michel, son compagnon. Alors pourquoi n'arrive-t-elle ni à accepter ni à rejeter sa demande en mariage?

Avant le film 17h00 – 18h00 discussion Revolver Live! – Entre acteurs

La petite Jérusalem

Karin Albou | FR 2005 | fic 96'
Ma 29.1. 17h30 Cinéma Palace

Laura est tiraillée entre son éducation religieuse et ses études de philosophie. Lorsqu’elle tombe amoureuse de Djamel, ces deux mondes sont remis en question.

La propera pell

Isaki Lacuesta, Isa Campo | ES/CH 2016 | fic 103'
Di 27.1. 15h00 Cinéma Palace

Porté disparu il y a huit ans, Gabriel réapparaît soudainement. Cela soulève des doutes: est-il vraiment l’enfant disparu?

La sentinelle

Arnaud Desplechin | FR 1992 | fic 139'
Sa 26.1. 21h15 Cinéma Palace

Un fils de diplomate quitte l’Allemagne pour étudier à Paris. Dans le train, un inconnu laisse un paquet macabre dans la valise du voyageur.

Lourdes

Jessica Hausner | AT/FR/DE 2008 | fic 96'
Lu 28.1. 20h30 Cinéma Palace

Christine est paralysée et part en pèlerinage à Lourdes. Soudain, elle peut à nouveau marcher. S’agit-il vraiment d’un miracle?

Orly

Angela Schanelec | DE/FR 2010 | fic 84'
Ma 29.1. 20h30 Cinéma Palace

À l’aéroport de Paris-Orly, des êtres se rencontrent par hasard pendant qu’ils attendent leur vol. Une jeune fille a un coup de foudre pour un inconnu.

Sette giorni

Rolando Colla | CH/IT 2016 | fic 96'
Me 30.1. 17h30 Cinéma Palace

Ivan et Chiara se rencontrent sur une île pour préparer le mariage du frère d’Ivan et de la meilleure amie de Chiara. Une aventure amoureuse commence.

Son frère

Patrice Chéreau | FR 2003 | fic 92'
Ve 25.1. 20h30 Cinéma Palace

Thomas souffre d’une maladie incurable. Un soir, longtemps après sa dernière visite, il passe voir son frère: il lui a caché bien des choses.

Un couple parfait

Nobuhiro Suwa | FR/JP 2005 | fic 104'
Di 27.1. 20h45 Cinéma Palace

Nicolas et Marie traversent une crise de couple. Malgré tout, ils se rendent ensemble à une fête, où leur crise suivra son cours.

Programme-cadre

Revolver Live! – Avec Bruno Todeschini
Sa 26.1. 17h00 – 18h00 | Cinéma Palace

Quels ingrédients sont nécessaires pour que s’exerce une action réciproque entre les acteurs et qu’ils aient des atomes crochus sur le plateau? Qu’est-ce que les acteurs doivent donner pour que leurs relations fonctionnent sur l’écran? Que peut exiger d’eux le réalisateur? Bruno Todeschini discute avec Saskia Walker, co-éditrice du magazine allemand «Revolver – Zeitschrift für Film», du charme du jeu et de ses limites.
En français avec traduction simultanée en allemand.

Animation: Saskia Walker (co-éditrice de «Revolver»)

Ensuite:
18h30 projection du film «Gentille» 
Sophie Fillières | FR 2005 | fic 102'

 

 

Masterclass Bruno Todeschini
Di 27.1. 11h00 – 12h00 | Cinéma Uferbau

De Rivette à Chéreau, de Schanelec à Hausner. La masterclass, ponctuée d’extraits de films de ses principales collaborations, explore la carrière riche en facettes de Bruno Todeschini. Quels sont les aspects pratiques qui déterminent la vie d’un comédien?

En français avec traduction simultanée en allemand.

Animation: Raphaële Bouchet (journaliste RTS)

 

 

Le programme «Rencontre» est soutenu par:
République et Canton de Neuchâtel et SWISSPERFORM.

Revolver Live! – Entre acteurs
Sa 26.1. 17h00 – 18h00 | Cinéma Palace

Que faut-il pour que l’alchimie fonctionne entre deux acteurs? Les comédiens Em­manuelle Devos («Gentille», «La sentinelle») et Bruno Todeschini discutent de leur collaboration.
En français avec traduction simultanée en allemand.

Animation: Saskia Walker (co-éditrice de «Revolver»)

Ensuite:
18h30 projection du film «Gentille» 
Sophie Fillières | FR 2005 | fic 102'

 

 

Masterclass Bruno Todeschini
Di 27.1. 11h00 – 12h00 | Cinéma Uferbau

De Rivette à Chéreau, de Schanelec à Hausner. La masterclass, ponctuée d’extraits de films de ses principales collaborations, explore la carrière riche en facettes de Bruno Todeschini. Quels sont les aspects pratiques qui déterminent la vie d’un comédien?

En français avec traduction simultanée en allemand.

Animation: Raphaële Bouchet (journaliste RTS)

 

 

Le programme «Rencontre» est soutenu par:
République et Canton de Neuchâtel et SWISSPERFORM.

Laudatio Jacob Berger

C’est moi qui suis donc chargé de prononcer le – ou la ? – “laudatio” de Bruno.
Laudatio, j’aime bien ce mot. Ça me fait penser au prénom Fabrizio. Par exemple, Fabrizio, le héros de Prima della Revoluzione, de Bertolucci, inspiré de la Chartreuse de Parme, de Stendhal.
Ou alors ça me fait penser à Tadzio, le jeune éphèbe androgyne de Mort à Venise, de Luchino Visconti. Laudatio. Tadzio. Fabrizio.

Et étrangement, Bruno n’est pas étranger aux deux. Fabrizio, le jeune homme provincial, paradoxal, problématique, qui rêve d’être un héros et ne voit que le sillage de la guerre, tombe amoureux de sa tante et rêve de croire en Dieu. Il est l’incarnation de l’homme perdu. Tadzio, lui, c’est la beauté, l’innocence déconcertante, mais qui a conscience de sa beauté, et peut-être du danger qu’elle représente. Tadzio, c’est le laudatio de la beauté.

Bruno Todeschini, donc. Notez Todeschini. Cela a un sens, ici, parce que Todeschini, ça veut dire Tedeschi, c’est-à-dire “allemand”. Or, dans cette ville-frontière alémanique, au nord du Jura francophone, les “tedeschi”, ou les “todeschi” ont une raison d’être. N’oubliez pas que c’est ici que les rois d’Europe venaient acheter leurs mercenaires suisses. D’où, d’ailleurs, la beauté du lieu. Ambassade de France, seigneurs de Prusse, de Saxe...

Alors, vous me direz, comment un garçon timide, pudique qui n’aime pas trop se donner en spectacle, un garçon inquiet, émotif, à qui il arrive d’être tourmenté, comment un garçon fier, orgueilleux mais discret aussi, secret, comment un fils d’immigrés italiens, qui débute sa vie professionnelle avec un CAP de peintre en bâtiment, et qui décide, sans trop y réfléchir, de suivre son grand frère dans une école de théâtre à Genève, comment ce garçon devient-il un acteur, qui, à la cinquantaine, a tourné dans plus de 130 films ?

Est-ce parce qu’il est très... beau ?
Est-ce parce qu’il a un torse particulièrement attractif de latin lover, à la fois vulnérable et viril ?
Oui, oui... sans doute...
Mais – bien sûr – il y a autre chose...

Tout le monde qui connaît Bruno Todeschini sait que sa vie d’acteur débute avec une rencontre.
Au printemps, fleurissent les amandiers.
À Nanterre dans la banlieue parisienne, sur les terrains vagues laissées par les bidonvilles démolis à la pelleteuse, apparaît, au printemps des années Mitterrand, en 1982, un théâtre du même nom : les Amandiers.

En 1986, Patrice Chéreau auditionne pour ce qui va devenir la seconde – et la dernière – année de la légendaire École des Amandiers...

Et, parmi près de 3’000 candidats, le jeune homme au sourire un peu crâneur et à la vulnérabilité à fleur de peau, le jeune homme à l’élocution peu sûre et au torse si attractif, finira parmi les 19 élus qui travailleront, tous les jours, avec l’inatteignable Patrice Chéreau.

Avec lui, dans cette classe, on retrouve Valeria Bruni-Tedeschi (!), Vincent Perez, Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Isabelle Renaud, Laurent Grévill, Marianne Denicourt, Marc Citti, Eva Ionesco... tous de parfaits inconnus à cette époque.

Quel directeur d’école de théâtre peut se targuer, en une seule volée, d’avoir découvert autant d’acteurs et d’artistes devenus, depuis, renommés, voire incontournables ?

Je pense que chaque acteur intéressait Patrice Chéreau pour des raisons très différentes.
Je devine que Bruno Todeschini l’intéressait pour ses paradoxes.
Comme Fabrice, Fabrizio, de La Chartreuse de Parme.
Ce côté teppistello, petit voyou pasolinien, gamin des quartiers au sourire désarmant, et, dans le même temps, ce côté Sehnsucht des gens du Nord, cette inconsolable mélancolie des âmes solitaires, séparées des autres, séparées d’elles-mêmes.

Todeschini, voyez-vous, a les deux. Il te fait croire qu’il est une chose, mais il en
est une autre. Il te sert le charmeur un peu bad boy et tu tombes sur l’homme blessé. Et puis, un autre jour, tu crois avoir mis la main sur l’intimité de son cœur, mais avec une pirouette, il te la joue Un couple parfait.

J’ai tourné mon film 1 journée avec lui, avec Bruno.
Il y avait une scène difficile, pour n’importe quel acteur.
C’était une scène où son personnage, Serge, juste après avoir couché avec sa maîtresse, lui avouait qu’il avait sans doute, ce matin-là, renversé quelqu’un, en voiture – et qu’il s’était honteusement enfui.
J’ai voulu que cette scène soit à l’envers de ce qu’on voit d’habitude, quand les gens se parlent juste après avoir fait l’amour : pas elle, dénudée et lui habillé, mais l’inverse.
J’ai donc dit à Bruno : tu seras nu, du début à la fin.
Et tu seras face à ta partenaire, qui, elle, sera de plus en plus habillée.
Et tu lui avoueras ton méfait sans avoir enfilé un seul vêtement.
Et elle te quittera, sans un seul regard.
Je pense que c’était réellement une gageure.
Réellement un défi. Réellement quelque chose qu’un acteur normal aurait tenté d’esquiver. La vulnérabilité d’un homme face à une femme qu’il ne séduit pas, qu’il ne domine pas, qu’il ne convainc même pas, un homme qui reste là, debout, totalement nu, tandis qu’il avoue une faute morale impardonnable, et qui se fait larguer.
Dans cette scène, Bruno n’est pas ridicule, il n’est pas honteux, il n’est pas complaisant.
Il est un juste un homme face à une femme qui l’écoute, qui lui répond durement, et puis qui s’en va.
Il est juste un homme qui perd, si j’ose dire, la partie.
Cette modestie, pour moi, est le signe des grands acteurs.

Comme Chéreau, je crois, je n’aime pas les acteurs qui savent.
Les acteurs qui jouent.
Les acteurs qui, en découvrant une scène, ne sont pas, un temps du moins, désarçonnés, perdus, interdits.
Pour être un vrai acteur il faut être un acteur vrai.

Comme Chéreau (j’espère), j’aime ce qui ne va pas, chez un acteur, bien avant d’aimer ce qui va.
J’aime l’inquiétude, j’aime la cruauté, j’aime la violence, bien sûr, mais j’aime aussi la lâcheté, j’aime la névrose, j’aime l’entêtement, j’aime – mais oui ! – j’aime la bêtise.

Pourtant, ce jour-là, nu, devant nous. Bruno était tout sauf bête. Il était fort. Vulnérable, aussi. Au bout de la sixième prise, il s’est tourné vers moi, dans le salon où se jouait cette scène, et il m’a dit : « Ma bite, je la pose sur la table ou je la laisse dessous ? »
C’était juste une blague, pour me dire : je fais ce que tu me demandes. Mais ce que tu me demandes, ce n’est pas rien.

Il y a une autre chose que Chéreau aimait sans doute chez Bruno Todeschini et que j’aime, moi aussi.
C’est cette forme de noblesse, cette bienveillance un peu méfiante, qui ne se fait aucune illusion sur la violence du monde, sur la dureté des rapports humains, sur l’égoïsme des riches, sur l’impuissance des pauvres mais qui insiste sur la beauté du geste.
C’est un truc d’ouvrier. Un truc de paysan.
C’est la noblesse des immigrés. Des exilés. Des migrants, comme on dit aujourd’hui. C’est le sens aristocratique des pauvres
Et c’est le mot de passe entre tous les contrebandiers du monde.

Parce que c’est comme ça que je définirai Bruno. Un contrebandier.
Avec ce que ça comporte de grandeur, de romantisme, de danger aussi, et parfois, de cynisme.
Un contrebandier de la beauté secrète des paradoxes du monde.

Jacob Berger
Soleure, le 25 janvier 2019

Dédicaces précédents de la «Rencontre»

53. Solothurner Filmtage 2018: Christoph Schaub
52. Solothurner Filmtage 2017: François Musy
51. Solothurner Filmtage 2016: Ursina Lardi
50. Solothurner Filmtage 2015: Jubiläum 50 Jahre Solothurner Filmtage
49. Solothurner Filmtage 2014: Peter Liechti
48. Solothurner Filmtage 2013: Silvio Soldini
47. Solothurner Filmtage 2012: Marthe Keller
46. Solothurner Filmtage 2011: Ruth Waldburger
45. Solothurner Filmtage 2010: Niki Reiser
44. Solothurner Filmtage 2009: Léa Pool
43. Solothurner Filmtage 2008: Walo Lüönd
42. Solothurner Filmtage 2007: Renato Berta
41. Solothurner Filmtage 2006: Maximilian Schell
40. Solothurner Filmtage 2005: Bruno Ganz
39. Solothurner Filmtage 2004: Jean-Luc Bideau
38. Solothurner Filmtage 2003: Pio Corradi
37. Solothurner Filmtage 2002: Paul Riniker
36. Solothurner Filmtage 2001: T&C Film AG, Marcel Hoehn
35. Solothurner Filmtage 2000: Jacqueline Veuve
34. Solothurner Filmtage 1999: Alexander J. Seiler
33. Solothurner Filmtage 1998: Claude Goretta
32. Solothurner Filmtage 1997: Reni Mertens u. Walter Marti
31. Solothurner Filmtage 1996: Alain Tanner
27. Solothurner Filmtage 1992: Hommage Michel Soutter