20.1. –– 27.1.2021
Solothurner Filmtage
Histoires du cinéma suisse

En 2020, les Journées de Soleure présentent des œuvres de Patricia Moraz, Christine Pascal et Paule Muret. A l’ombre du Groupe 5 s'était développée en Suisse romande une petite cellule de réalisatrices, qui devaient devenir des pionnières du Nouveau cinéma suisse. Elles sont allées montrer leurs films à Cannes, Berlin et Locarno, à une époque où les femmes y étaient plutôt rares. Au programme «Histoires du cinéma suisse», trois de ces pionnières: Cinq films, réalisés entre 1977 et 1991, seront présentés au public.

Cinéma Copines
Patricia Moraz, Christine Pascal et Paule Muret – Les copines font leur cinéma
Les Indiens sont encore loin (1977). © dfk*films
Les Indiens sont encore loin (1977). © dfk*films

A l’ombre du Groupe 5 s’était constituée en Suisse romande, pour un temps limité, une petite cellule d’auteures, réalisatrices, productrices et actrices qui devaient devenir des pionnières du Nouveau cinéma suisse. Le programme «Patricia Moraz, Christine Pascal et Paule Muret – Les copines font leur cinéma» leur rend hommage.

Patricia Moraz (1939-2019) passe son enfance et sa jeunesse en Suisse et en Algérie. La journaliste franco-suisse se lance dans le cinéma au cours des années 1960 grâce au projet collectif «Quatre d’entre elles» de Claude Champion, Jaques Sandoz, Yves Yersin et Francis Reusser, dans lequel elle interprète le rôle de Patricia. En 1977, seule femme dans le groupe constitutif de la Nouvelle Vague romande, Patricia Moraz présente «Les Indiens sont encore loin», son premier film en tant que réalisatrice, au Festival de Cannes. Aux côtés de la jeune Isabelle Huppert dans le rôle principal, l’actrice française et future réalisatrice Christine Pascal fait ses débuts suisses à l’écran. En 1979, devenue entre-temps une star, Christine Pascal interprète le premier rôle dans «Le Chemin perdu», tourné à La Chaux-de-Fonds. Dans les années 1980, Patricia Moraz s’installe en France, où elle fonde la société Abilène Films et produit le premier film de Leos Carax «Boy Meets Girl» (1984) et «Rouge Midi» de Robert Guédiguian (1985). En 1986, elle participe à Paris à la création de la Fémis, l’école de cinéma, et y enseigne dès lors l’écriture de scénario et la production. Patricia Moraz est décédée dans la capitale française le 16 avril 2019 à l’âge de 79 ans. Les Journées de Soleure présenteront «Les Indiens sont encore loin» et «Le Chemin perdu» en souvenir de la cinéaste.

Christine Pascal (1953-1996) grandit à Lyon, où elle étudie la littérature, les langues et l’art dramatique, et, à 20 ans, fait la connaissance de Bertrand Tavernier. Dans «L’Horloger de Saint-Paul» (1973) et «Que la fête commence» (1975), deux films de celui-ci, la jeune comédienne se fait rapidement un nom et devient, aux côtés d’Isabelle Huppert et Isabelle Adjani, l’égérie du cinéma d’auteur français peu enclin aux compromis. En 1977, Christine Pascal et Isabelle Huppert jouent dans «Les Indiens sont encore loin» de Patricia Moraz. Christine Pascal s’établit alors en Suisse, travaille à la réalisation de son projet de fiction autobiographique baptisé «Félicité» en plus de son activité de comédienne – elle apparaît dans «Le Chemin perdu» de Patricia Moraz – et devient ainsi une des première actrices françaises à passer derrière la caméra. Après «La Garce» (1984), l’histoire d’un trio amoureux, elle réalise en 1989 «Zanzibar», une satire mordante des milieux du cinéma, qui ne fait qu’asseoir sa réputation de rebelle. Suivent «Le petit prince a dit» (1992), sur les relations père-fille, et «Adultère, mode d’emploi» (1995). Christine Pascal a tiré sa révérence le 30 août 1996 à Paris. Les Journées de Soleure mettront «Zanzibar» et «Le petit prince a dit» au programme des «Histoires du cinéma suisse».

Paule Muret est née en 1948 à Martigny. Après avoir étudié les beaux-arts à Lausanne et travaillé comme assistante-réalisatrice de Patricia Moraz («Les Indiens sont encore loin»), elle réalise le court métrage «Pour Bonnie» (1982), avec Jean-Pierre Léaud et Claudia Ribi, et part pour Paris, où elle travaille en qualité de scénariste, assistante de réalisation, assistante camérawoman, décoratrice et créatrice de costumes. En 1992, elle sort son premier long métrage de fiction «Rien que des mensonges», un drame relationnel, avec Fanny Ardant, Alain Bashung, Jacques Perrin et Christine Pascal, qui passe en compétition au Festival de Berlin. Le dernier film de Paule Muret, «This Is My Body», est présenté à Soleure en 2016. 

«Patricia Moraz, Christine Pascal et Paule Muret – Les copines font leur cinéma» est une collaboration avec la Cinémathèque suisse.

Hommages

Dans le programme «Histoires du cinéma suisse», les Journées de Soleure présentent un hommage à trois personnalités du cinéma suisse décédés en 2019. Un film marquant du producteur et réalisateur Res Balzli sera proposé au public, un autre du réalisateur Claude Goretta et un troisième dans lequel joue l’acteur Bruno Ganz.

Hommage Res Balzli – Step Across the Border

Nicolas Humbert, Werner Penzel
CH/DE | doc 87' | Je 23.1. 21h30 Cinéma Canva

Ce film – produit par Res Balzli – est une œuvre mythique. Et une rencontre: entre le cinéma et la musique, entre Fred Frith et les réalisateurs. Un happening, dès sa première à Soleure en 1990.

Hommage Bruno Ganz – Messer im Kopf

Reinhard Hauff | DE | fic 113'
Lu 27.1. 14h30 Cinéma Palace

Automne 1978. Un biogénéticien reçoit une balle dans la tête lors d’une descente de police dans un centre de jeunesse et est grièvement blessé, au point d’en perdre la mémoire.

Hommage Claude Goretta – Pas si méchant que ça

Claude Goretta | CH/FR | fic 112'
Di 26.1. 19h00 Cinéma Uferbau

Pierre doit reprendre l’affaire familiale, une ébénisterie au bord de la faillite. Il prend alors la décision radicale de braquer des banques pour remettre l’affaire à flot.

 

filmo

En 2019, les Journées de Soleure lancent «filmo», la première édition en ligne du cinéma suisse: des expert-e-s recommandent des œuvres-clés de l’histoire du cinéma suisse, qui sont publiées sur des portails de streaming suisses habituels.

«Anna Göldin – Letzte Hexe» (Anna Göldin – dernière sorcière) (1991) a été numérisé en 4K HDR Dolby Vision par filmo en étroite collaboration avec la réalisatrice Gertrud Pinkus. C’est la première fois que cette technique a été utilisée pour numériser un film suisse. La 55e édition des Journées de Soleure présentera la nouvelle version dans une salle de cinéma en première mondiale le samedi 25 janvier 2020 en présence de nombreux invités. A partir du 6 février, ce classique du cinéma suisse sera visible sur les portails de streaming suisses habituels, avec les neuf autres classiques de la quatrième saison de filmo.

Communiqué de presse: La nouvelle version de «Anna Göldin – Letzte Hexe» est le premier film suisse à voir en 4K HDR Dolby Vision

Le projet «filmo» des Journées de Soleure est rendu possible grâce à Engagement Migros, un fonds de soutien du groupe Migros.

Anna Göldin – Letzte Hexe

Gertrud Pinkus | CH | fic 104' | plus d'informations
Sa 25.1. 17h45 Cinéma Canva | Me 29.1. 14h45 Cinéma Palace 

Glaris, 1782: Anna Göldin est la dernière femme en Europe à être condamnée et exécutée pour sorcellerie par un tribunal officiel. Avant-première de la nouvelle version numérisée.