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Atelier de la pensée : La narration à l’ère de la transversalité

Auteur

Emilien Gür

Date

9 janvier 2023

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Atelier de la pensée

Réflexions préliminaires à une discussion suivie de deux études de cas

Il est bon ton de parler de transversalité, terme précis et vague à la fois, qui pointe vers un univers culturel où les distinctions entre disciplines artistiques voleraient en éclat. La belle affaire.

Et le cinéma, dans tout ça? Un vestige du passé à sacrifier sur l’autel de l’«innovation», terme de l’économie de marché balancé dans le monde de l’art qui, entretemps, en est devenu un (de marché). Cela avec la bénédiction d’acteur.rice.s culturel.le.s trop content.e.s de se débarrasser de ce vieux songe romantique qui, comme l’affirmait André Bazin, «substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs». Car la transversalité n’est rien d’autre que la promesse d’une dissolution du cinéma dans ce grand fourre-tout qu’on nomme l’audiovisuel, lequel plaque sur notre regard des algorithmes qui calculent nos désirs. Triste fin, au double sens du terme.

À l'inverse, le cinéma n’est-il pas depuis le début un art «transversal»? Souvenons-nous de sa naissance, à l’aube d’un siècle de loisirs et de guerres, où il émerge au milieu des spectacles de cabaret et des attractions foraines avant de cannibaliser toutes les pratiques artistiques qu’il croise sur sa route: musique, théâtre, peinture, photographie, littérature.

Rien de nouveau sous le soleil, donc, mais l’envie de faire le point. Comment le cinéma dialogue-t-il avec les autres arts aujourd’hui? La transversalité promet un monde où les pratiques artistiques se mêlent les unes aux autres sans heurts, comme si aucune rivalité ne préexistait entre elles. Or, qu’en est-il par exemple de la vieille querelle entre cinéma et littérature?

Souvenons-nous. Le cinéma serait un passe-temps d’illettrés. Georges Duhamel. Il y aurait un cinéma de prose et un cinéma de poésie. Pasolini. Le cinéma serait donc un art littéraire. CQFD. Entre cinéma et littérature, «on est entre deux trains qui se croisent sans arrêt». Godard.

Dans l’«Atelier de la pensée», on s’attardera sur deux moments au cours desquels ces trains se croisent. Écrivain.e.s et cinéastes en sont les passager.ère.s. L’espace d’un instant, ils se regardent à travers la vitre. En chiens de faïence? En ami.e.s? Qu’ont-ils à se dire?

Dans un premier temps, Arne Kohlweyer et Georg Ismann raconteront comment ils ont filmé Peter Stamm, qui se trouvait en train d’écrire un roman. L’écrivain est rusé et met leur projet en abîme : dans son livre, il est question d’un auteur qui reçoit une équipe de film. Le roman copie-t-elle la réalité du documentaire? Que capte le film du processus créatif? Et qui se joue de qui?

Dans le second moment, Nicolas Steiner nous parlera d’un projet d’adaptation au long cours. Comment écrire pour le cinéma à partir d’un roman? Racontée dans un livre, une histoire reste-t-elle la même une fois transposée dans un film? Le scénario est-il un genre littéraire à part entière?

Le public, convoqué à ce rendez-vous, aura son mot à dire. Le dernier, à imprimer sur papier ou à enregistrer avec caméra et micro.

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